WINEFOODMUSIC LIVE - PIERRE RICHARD

 

 


 
Grand nom du cinéma français avec plus de quatre-vingts films à son actif est aussi un vigneron languedocien, de Gruissan.
Pierre Richard découvre le Domaine de l'Evêque en 1986 et tombe littéralement dingue de ce lieu unique, une sorte de presqu'ile au milieu des salins et de la garrigue, entre terre et mer, à quelques encablures de Gruissan qu'il affectionne tant.






Gérard Bertrand : Bonjour à tous, bienvenue ce soir au Château L'Hospitalet, pour le 12ème live en direct et très particulier, je vous demande d'accueillir Monsieur Pierre Richard. Comment ça va Pierre ?

Pierre Richard : Ça va bien, pourquoi particulier ?

Gérard Bertrand : Très particulier parce que c'est la première fois d'abord qu'on fait un live où tout le monde est dans la cuisine.

Pierre Richard : C'est vrai !

Gérard Bertrand : Le chef Laurent Chabert est là.

Chef Laurent Chabert : Bonjour à tous !

Gérard Bertrand : Et Pierre Richard, quand je lui ai parlé de venir faire ce live, il m'a dit, moi je veux être dans la cuisine. Donc, on s'est exaucé et ensuite, comme vous savez qu'il est vigneron, au Château Bel Évêque à Gruissan, c'est un voisin donc c'était original donc on a quelques surprises pour vous, ce soir puisqu'il va y avoir aussi de la musique et on peut dire Pierre, que la musique c'est une partie de ta vie.

Pierre Richard : Oui, c’est pour moi La Madeleine de Proust par excellence, j'entendais musique et je me dis tiens, ça c'est tel film qu'il y a 35 ans, j'étais à tel endroit et en plus j'aime le jazz et en plus mes fils sont devenus musiciens.

Gérard Bertrand :  J'ai vu, contrebassiste et ?

Pierre Richard : Et saxophoniste, mais le contrebassiste, s’est pris tout à coup sur le tard, mais …

Gérard Bertrand :  C’est Christophe ça ?

Pierre Richard : C’est Christophe, il s'est pris tout à coup d'intérêt et d'amour pour le vin, je ne parle pas de le boire mais de le faire, et c’est lui qui a repris le travail.

Gérard Bertrand :  Oui, c’est vrai. Donc, en fait, Pierre est acteur, il est musicien, il écrit, il fait du vin, qu’est ce que tu fais d'autre encore que je n’aie pas dit ?

Pierre Richard :  Oh mais je fais tout, tout, mais tout mal … non, non ! Qu’est qu’il y a d’autre ? Mais, c’est déjà pas mal ça …

Gérard Bertrand :  C’est beaucoup, c’est fantastique. Donc en fait, moi Pierre, je le connais depuis 30 ans même plus parce que je l’ai découvert d'abord comme vigneron, il est sur la commune de Gruissan au Château Bel Evêque, qui est un vin extraordinaire et il se trouve, Pierre, tu t'en souviens qu'au début de ma carrière avec ta sœur, je t’ai vendu du vin et j'avais une très bonne relation et donc au début il fallait se le gagner, non pas pour vendre ton vin mais pour vendre les vins de Corbières et les faire reconnaître à Paris, c'était compliqué.

Pierre Richard :  Oui, ça l'est toujours un peu d’ailleurs.

Gérard Bertrand :  C’est beaucoup moins quand même et donc, on en profite pour dire à nos amis Belges et à Tera, qu’est ton ami et qu'est le mien aussi

Pierre Richard :  Qui s'occupe d’importer mon vin en Belgique.

Gérard Bertrand :  Voilà, qui importe chez Vasco en Belgique, qui nous a dit : « je ne peux pas faire le live si Pierre ne rappelle pas » parce que, en fait, moi je les connais aussi depuis 20 ans et ils m'ont dit, il y a qu’un produit qui n'est pas négociable dans notre portefeuille c'est le Château Bel Evêque.

Pierre Richard :  C’est gentil, merci.  

Gérard Bertrand :  C’est beau ! Et donc tout ça pour dire aussi qu’on a un ami commun qui s'appelle Marc Dubernet.

Pierre Richard : Mon œnologue

Gérard Bertrand :  Qui est un homme formidable qui est l'un des plus grands onologues au monde et qui t'a appris à faire du vin.

Pierre Richard : Tu sais qu'avant d'acheter la propriété comme je savais que je ne savais rien, je ne suis pas fou, avant de l'acheter j'ai téléphoné et j'ai demandé qui était le meilleur, ils m’ont dit Dubernet et je l’ai appelé et je lui ai demandé : « est-ce que si j’achète une propriété vous me suivez ? » Il y a eu 20 secondes de silence, c’est long, et il a fait OUI ! J'ai dit merci, j'ai raccroché et j'ai acheté.  S'il m’avait dit non je ne l’aurais pas fait.

Gérard Bertrand :  Voilà donc en fait c'est un homme qui connaît très bien tous les terroirs de notre région et, surtout, il cherche à valoriser le vigneron en ce sens qu’il laisse de la responsabilité aux vigneron parce que l'âme du vin ça doit être l'âme du vigneron. Voilà, et ça c'est dur pour un œnologue, parce qu'avoir l'humilité de laisser le vigneron à la fin, guider, décider, c'est tout un art.

Pierre Richard : Pas au début parce qu’au début on ne comprend rien, au mois de février là on regardait les pipettes et tout … ah celui-là est très intéressant, mais pas du tout, il fait le malin mais dans 6 mois il n’y aura plus rien. De temp en temps, je dis, alors celui-là j'ai l’impression qu’il me dit : « non, c’est ce lui là qu’il faut garder » et je n'y comprenais rien. C’est comme les joueurs d’échecs, lui a 35 coups d’avance, moi, je n’en ai pas.

Gérard Bertrand :  C’est vrai, alors tu sens comme ça sent bon ? Je t’interromps. Alors, Chef, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?

Chef Laurent Chabert : On va commencer par une petite entrée à base de tomate, avec coquillages, un peu de chorizo, un siphon pomme de terre avec un peu de persil dedans et des chips de pomme de terre et des chips de persil ensuite on va partir sur du Loup, pêché par mon copain, Benjamin Besse dans l'étang de l'Ayrolle, caviar d'aubergine aux amandes, aubergines, câpres, une émulsion amandes. J’ai déjà commencé le suprême de poulet.

Gérard Bertrand :  Il est beau ! Il est Cathare celui-là ? A côté de Carcassonne.

Chef Laurent Chabert : Ensuite, girole DPO et de la trouffe.

Gérard Bertrand :  C’est de la melanosporum ou la truffe d’été ?

Chef Laurent Chabert : C’est la truffe d’été.

Gérard Bertrand :  Ah ! C’est de la truffe d’été, tu vois la différence c’est qu’elle est blanche, parce qu'en fait, la truffe d’hiver elle est noir. On va se régaler Pierre.

Pierre Richard : Alors j'avais dit, j'avais dit tiens, à partir d'aujourd'hui je vais faire régime …

Gérard Bertrand : Mais c'est ça, c'est le cas, c'est la diète méditerranéenne. Par contre on pourrait boire un coup non ? Parce que ce soir nous allons déguster que les vins de notre ami Pierre Richard. Donc les vins sont disponibles au Château Bel Evêque, il faut y aller que le soir, parce que c'est là où il adore recevoir les invités, mais aussi sur le site www.vinspierrerichard.com Pierre, on commence par le Château Bel Evêque, qu’est le premier que j'ai dégusté moi, qui existe, c'est un peu la cuvée historique. C'est celui-ci, vous ne pouvez pas le louper, il est médaille d'or en plus n'est pas ?

Pierre Richard : Il a eu médaille d’or.

Gérard Bertrand : Formidable, de tout faisons tu es toujours médaillé puisque tu as eu le Molière cette année, tu fais le Grand Chelem. Santé !

Pierre Richard : Je craque parce que là j’ai peur de ton commentaire. J’ai le trac.

Gérard Bertrand : A la vôtre ! On boit un coup d’abord … Tu as vu la température, c'est parfait et en plus il y a des arômes épicés de garrigue. C’est quoi ? Grenache, Carignan, Syrah ?

Pierre Richard : C’est les 4, Grenache, Carignan, Syrah et Mourvèdre.

Gérard Bertrand : Je vous rappelle que Pierre est à côté de l'étang de Gruissan et c'est le meilleur endroit pour les Mourvèdre. Nous avons une surprise Pierre, on a des musiciens.

Musiciens :  Hello, nice to meet you, enchanté.

Gérard Bertrand : Comment ça va ?

Musiciens : Très très bien !

Gérard Bertrand : Alors qu’est-ce qu’on fait ? Le Chef est là, Pierre Richard est là ! Alors, qu’est-ce qu’on nous fait ? Un petit morceau de music ? Let’s go !

Musique en direct

Gérard Bertrand : Formidable ! Bravo !

Pierre Richard : Thanks you very much !

Gérard Bertrand :  Alors vous avez le droit à un petit verre de vin, Pierre je pense que on peut leur servir.

Musiciens : Thanks you so much, delicious. 

Gérard Bertrand :  Vous voyez, ce soir c'est du live, c'est de l'improvisation, c'est le jazz et le jazz c’est de l'improvisation et avec Pierre Richard je vous le dis on n'est jamais au bout de nos surprises.

Musiciens : You so welcome, we are watching you in Florida.

Gérard Bertrand : Yes I know. Alors, on est prêt Chef pour le premier plat ? parce qu’avec Pierre on a faim. 

Pierre Richard : En plus de ça les odeurs ça respire, ça respire les odeurs. Oh là, tu vas nous expliquer avant qu’est-ce que c’est ?

Gérard Bertrand : Alors, on prend ça avec la cuillère ou pas ? On est aux ordres !

Pierre Richard : Il ne faut pas faire de conneries.

Chef Laurent Chabert : Alors j’ai mis la compoté de tomates, le siphon de pommes de terre au persil, ensuite les chips de pommes de terre, chips de persil qu’on a fait juste frire à la friteuse et j'ai rajouté les fleurs de tournesol. Et là, il faut prendre une bouchée parfaite avec tout à l’intérieur.

Gérard Bertrand : On va se déplacer un peu, voilà, donc bon appétit les amis, donc on est là regardé comme c'est beau, c’est magnifique.

Moment de dégustation…

Pierre Richard : En général quand tu manges, tu ne parles pas, c’est difficile de parler la bouche plaine.

Gérard Bertrand : Moi j’arrive à tout faire au même temps. C’est délicieux !

Pierre Richard : Le vert, c'est quoi le vert ?

Chef Laurent Chabert : Pomme de terre et persil mixés tous ensemble et après on a mis en siphon, le siphon c’est ça !

Pierre Richard : C’est d’une finesse !

Gérard Bertrand : La différence c’est le croquant du chorizo, tu es d’accord Pierre ? C’est extraordinaire ! Parce qu’en même temps, ça te donne du caractère à ton vin. C’est ça qui est la clé, parce qu’avec le Bel Evêque 2017, ça donne ce côté, ce caractère et ça relève.

Pierre Richard : Même avec le Mourvèdre, parce qu’il est aussi très épicé et évidement avec le rosé, tu as raison.

Gérard Bertrand : En fait tu es gourmand quand même. Gourmet, gourmand ?

Pierre Richard : Je ne suis pas gourmand, je suis gourmet. Quand j’ai plus faim, j’ai plus faim. Alors que le gourmand, quand il a plus faim, il a quand même faim.

Gérard Bertrand : Il y a une moule ou fond ?

Chef Laurent Chabert : Coque et couteaux.

Gérard Bertrand : Ah voilà !

Chef Laurent Chabert : Coque, couteau, chorizo, tomate compotée, le siphon persil, les chips de pomme de terre, pour apporter du croquant aussi.

Gérard Bertrand : Honnêtement, c’est extraordinaire !

Chef Laurent Chabert : Merci

Pierre Richard : Qui t’as appris à faire la cuisine ?

Chef Laurent Chabert : J’ai fait une apprentissage CAP brevet professionnel autour de la maison, moi je suis originaire de l'Allier, mes parents sont agriculteurs. Et ensuite je suis parti dans les Alpes, Haute-Savoie, Savoie où j’ai été second d’un chef étoilé Michelin, en Corse, et je suis arrivé ici il y a déjà 7 ans.

Pierre Richard : Quel âge il avait il y a 7 ans ?

Gérard Bertrand : Il avait 18 ans, il n’avait même pas le permis, non, un peu plus quand même. Je lui ai dit, si tu viens de Corse, si tu as passé six mois en Corse, tout va bien tu peux venir dans le Languedoc. Alors là, avant qu’on parle Pierre, j’avais quand même, une question un peu plus sérieuse, parce que tu as un engagement, tu es militants écolos, on peut dire, et tu aimes la nature. Est-ce que le fait d'avoir vécu à Gruissan ça t’a apporté quelque chose en supplément pour ta connexion avec la nature le respect de la biodiversité ? Parce que tu mènes des combats là-dessus.

Pierre Richard : Oui, je mène des combats d’une manière assez quand même importante, avec la déforestation de l'Amazonie, il faut dire j’ai une femme qui est Brésilienne, donc j’ai un double titre, l'Amazonie me concerne, mais elle m’a toujours concerné même avant, je me demande même si ce n’est pas à cause de l’Amazonie, que j'ai aimé ma femme. En tout cas, effectivement je suis d'ailleurs consterné faut bien le dire, on pourrait en parler des heures, je suis vraiment plus que consternés par la tournure que prend les événements au Brésil, les forêts qui se déforestent mais il n’y a pas qu’au Brésil.

Gérard Bertrand : Non, mais surtout.

Pierre Richard : Mais surtout, bon, cela dit on peut en parler des heures, on ne va pas passer la soirée là-dessus mais pour répondre à ta question, moi j'étais citadin et puis tout à coup j'ai acquis une propriété viticole et pour la première fois au lieu de regarder le ciel puisque on dit toujours j'ai le nez dans les étoiles.

Gérard Bertrand : Tu as regardé la mer et les vignes. 

Pierre Richard : la mer je la connaissais, mais j’ai regardé le sol la terre et j'ai été, c'est vrai qu'avant je ne voyais pas, comment j'ai une grande admiration pour les vignes, elles sont des guerrières, j'ai compris une chose, des résistants et des vaillantes parce qu’il faut la trouver l'eau alors elles vont chercher loin et un peu d'eau pour elles c'est vital.

Gérard Bertrand :  Exactement

Pierre Richard : Et donc j'ai trouvé, j'ai compris que c'était une plante extrêmement intéressante, à la fois forte et à la fois fragile. Deuxièmement c'est vrai, et on en revient à l'écologie, je me suis aperçu en 35 ans, moi qui ne faisais pas attention à ça que de plus en plus nous sommes soumis à des climats anarchiques, il ne pleut plus quand il devrait pleuvoir, il ne pleut pas quand il faudrait qu'il pleuve, quand il pleut il pleut trop, enfin bref, et c’est des choses qui m'échappaient et avant. Quand j'entends des parisiens en janvier qui dit c’est génial 30 degrés en janvier j'ai dit oh là là là là c'est l'horreur, en ce moment en Sibérie il fait 35 degrés, ce n'est pas possible. Et là j'ai pris conscience avec la terre, qu’on a des devoirs envers elle.

Gérard Bertrand :  Exactement, la Pachamama, comme disait notre ami Jean Cormier, c’est un homme formidable, et donc, est-ce que dans ta vie de vigneron parce que quand même moi je trouve pas ce que je le dis là parce qu'en fait quand on goûte le vin de Pierre Richard, au début je m'en souviens très bien, parce qu'il mettait aussi sa photo sur la bouteille mais maintenant, il la met  plus parce que il n’en a plus besoin et aussi surtout parce que Château Bel Evêque c'est devenu une marque reconnue et que le vin, Pierre, moi je le dis parce que je suis un expert dans ce métier et Pierre Richard,  est devenu un vrai vigneron, c’est-à-dire que la terre que lui parle, et donc tu m’as dit au début quand tu écoutais Dubernet, combien de temps il t’a fallu avant que ça te parle tout ça ?

Pierre Richard : Oh, plusieurs années, bien sûr, des deux à trois ans j'ai commencé à comprendre certaines choses mais même encore l'année dernière quand Dubernet m'a dit moi j'aime bien avoir des conversations avec mon vigneron, parce que si je sens qu'il est attaché à mon travail je suis attaché à son travail, mais je le suis de plus en plus parce que je me rends compte justement que c'est un art que je possède, et des fois je lis des rapports sur certains vignerons de l'ouest, de de l'est ou de nord-est, c’est poétique aussi.

Gérard Bertrand :  C’est beau, mais la poésie dans le vin c'est quelque chose parce que le vin ça transcende, ça ouvre le cœur et ça permet l’échange.

Pierre Richard : Mais c'est peut-être aussi pour ça que par, finalement, parfois on me dit, quel est le rapport avec le cinéma ? Je dis, il y a un rapport qui est absolument le même, le cinéma comme le vin c'est fait pour être partagé et du coup c'est un vecteur de fraternité, d'empathie avec des gens qu'on ne connaît pas et puis la personne que vous ne connaissez pas elle dit, oh c'est bien ça, et vous pensez aussi du coup vous l'aimez bien la personne.

Gérard Bertrand :  Et on le découvre.

Pierre Richard :  Et on le découvre, finalement le cinéma c'est pareil, ça se consomme, le cinéma c'est dans des salles où il y a 800 personnes qui sont émues ensemble ou qui rient ensemble et bien le vin c'est pareil on a besoin d’être plusieurs, rien de pire que boire un verre tout seul devant la télé.

Gérard Bertrand :  Et avec ton copain Depardieu, vous goutez vos vins respectifs ou pas ?

Pierre Richard :  Dans le temps on avait même on appelait ça des verres d'expérience, on achetait des beaux verres et on faisait des montées chromatiques, alors on commençait par des vins plus légers puis on finissait par des grands Bordeaux.

Gérard Bertrand :  Et après vous finissez par des grands Corbières.

Pierre Richard :  Et après je finissais au lit surtout. C'est lui qui m'a un peu appris aussi.

Gérard Bertrand : Alors dis-moi, finissons aux là-dessus, oui alors il t'a appris quoi Gérard Depardieu ?

Pierre Richard :  Il m’a appris cette philosophie parce qu'il n'était pas encore vigneron bizarrement je l’ai été avant lui, il était quand même dans la région. Ah oui il m’a appris une chose, il m'a dit quand on fait une montée chromatique on commence par boire deux cuillères d'huile d'olive. C’est vrai ? Tu as déjà essayé ça ?

Gérard Bertrand : J'ai dégusté plusieurs fois avec Gérard Depardieu et quand il tient le verre, et qu’il sent le verre il est comme ça.

Pierre Richard :  Mais parce qu'il peut plus mettre son nez.

Gérard Bertrand : Il met le verre en oblique.

Pierre Richard :  Mais parce que maintenant il a un nez qui a grossi.

Gérard Bertrand : Alors un jour je buvais, je dégustais Place des Quinconces à Bordeaux et on avait un grand Sauternes, et alors je lui ai dit, c’est volatile. Alors, il me dit : « ah oui Gérard, ce vin il est volatil »

Pierre Richard :  Lui il ne l’est pas !

Gérard Bertrand : Alors, chef, d'abord on va goûter maintenant, Pierre, parle nous un peu de la cuvée cardinale parce que ça c'est ça lui tient à cœur c'est le haut de gamme du Château Bel Evêque, il y a que des grands vins à Bel Evêque, mais celui-là, c'est la cuvée de prestige alors par le nous un peu du Cardinal.

Pierre Richard :  C’est Mourvèdre et Syrah.

Gérard Bertrand : Tiens ! Je te serve un coup à boire.

Pierre Richard :  La Syrah m’apport le fuit et le mourvèdre m’apport un peu le côté vanillé. Epissée aussi surtout. Je me souviens quand j'ai commencé à acheter propriété, j’avais rencontré un spécialiste qui m'avait dit : « tu tiens Château ? » et je lui ai dit que oui, parce que si on est Château on est Château. Il m’a dit : « tu fais ce que tu veux mais tu auras des directives précises alors que si tu n’es pas Château, tu fais ce que tu veux »

Gérard Bertrand : Tu as bien fait de rester Château. Alors Chef, on a faim, donc qu’est-ce qu’on va goûter là ?

Chef Laurent Chabert : Alors on va gouter le Loup de Gruissan pêché par Benjamin qui travaille sur l'étang de l'Ayrolle.

Pierre Richard :  C’est chez moi ça ! Il est en train de me piquer mon poisson.

Chef Laurent Chabert : Le caviar d’aubergine aux amendes, au-dessus on a les restes des aubergines avec des câpres et un chip d’aubergine et un petit jus d’arête aux bais de passion, qui va rapporter un peu de peps au jus et là je rajoute une émulsion voilà au lait d'amande

Gérard Bertrand : Tu as bien fait de venir Pierre !

Pierre Richard :  Alors je te jure, hier j’ai dit à parti de demain, régime.

Gérard Bertrand : Alors, on va le goûter Pierre ? avec cette cuvée Cardinal.

 Moment de dégustation…

Gérard Bertrand : Moi je me dit les amis il est vendredi, et de 19 à 19:30 je fais le meilleur métier du monde,  parce qu’en fait c'est le wine food pairing avec nos amis. Comment il le coupe ça ?

Pierre Richard :  Alors c’est incroyable !

Chef Laurent Chabert : On le coup à la trancheuse.

Pierre Richard : On dirait une langue.

Gérard Bertrand : Ça te va bien, regardez comme il est beau !

Pierre Richard :  Je tire la langue tellement c'est bon.

Gérard Bertrand : Alors je crois qu'on attend le groupe de musique, tu ne veux pas ouvrir la porte Chef ? parce qu’il fait chaud.  A mais voilà Julie revient du temps quand on regoûte un peu alors Julie qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Musiciens : How is everything ?

Gérard Bertrand : Wonderful ! alors, qu'est-ce qu'on fait là ?

Musiciens : Nous voulons chanter une chanson orginale de Gospel de Miss Brooks que j’ai rencontré à Atlanta en Georgie.

Gérard Bertrand : J’adore Atlanta.

Musiciens : C’est une belle chanson d’une femme de grande valeur.

Gérard Bertrand : Merci ! On vous laisse la place

Musiciens : Cela s’appelle « vous allez avoir de la pluie dans vos vies »

Gérard Bertrand : On a besoin de pluie pour les vignes de Pierre et le miennes.

Musique en direct

Gérard Bertrand : Merci Julie, on se voit à tout à l’heure.

Musiciens : Oui ! A toute à l’heure !

Gérard Bertrand : Parce que moi je suis là ce soir au Château l'Hospitalet de 20h30 à plus tard, donc si vous avez encore le temps et si le cœur vous en dit j'étais bien venu mais les places sont très limitées ce soir, dans tous les cas, vous êtes en forme là, vous avez fait la répétition. A tout à l’heure !

Musiciens : Bon cuisine ! merci !

Gérard Bertrand : Tu as vu, ça part un peu dans tous les sens ici.

Pierre Richard : Ça que c’est extraordinaire c’est que j’ai regardé, j’avais beau tapé j’étais toujours en décalage parce que quand même, le jazz, je le sais j'étais toujours en décalage, ils vont dire, pour un mec qu’aime le jazz, il ne sait rien !

Gérard Bertrand : mais c’est normal que tu sois en décalage parce que tu as un maire à Gruissan qui était le roi du décalage, Didier Codorniou tu sais il faisait des cadrages et débordements donc ça t’a rattrapé On n'arrivait pas à l'attraper, il était le Maradona du Rugby.

Pierre Richard : Une anguille extraordinaire.

Gérard Bertrand : Bonjour Didier, si tu nous écoutes on te salue depuis les cuisines de L'Hospitalet.

Pierre Richard : On s’est régalé !

Gérard Bertrand : Avec le loup de l’étang d’Ayrolle, donc à côté de chez Pierre Richard.

Pierre Richard : Il borde de chez moi.

Gérard Bertrand : En fait, je ne vois pas pourquoi tu remontes à Paris, parce qu’il a tous qu’il faut chez toi. D’ailleurs moi je n’ai jamais compris des mecs quand ils viennent ici pourquoi ils remontent à Paris de temps en temps.

Pierre Richard : Là quand même, tu joue au théâtre.

Gérard Bertrand : Il y a le Théâtre de la Nature à Narbonne plage, mais il n’est pas ouvert tous les jours.

Pierre Richard : Il ne faut pas que je compte sur le vin pour me nourrir.

Gérard Bertrand : C'est quand même formidable, parce qu'on arrive alors j'avais une question sur tes goûts musicaux Pierre, parce que Pierre, je l’ai vu l'année dernier, en piano avec notre ami Jeff Sénégas aux salins, qu'on salue d’ailleurs, aux Salins de Gruissan, donc tu avais été très très bon, tu fais des comptes tu chantes un peu.
Pierre Richard :  Je racontais des trucs de voilà sur Jean Yanne sûr je ne sais pas…

Gérard Bertrand : Mais quels sont tes goûts musicaux ?

Pierre Richard :  Mes goûts musicaux ils sont assez larges.

Gérard Bertrand : Si tu me cites 2 ou 3 personnes

Pierre Richard : Tu parles de chanteurs ? Là aussi c'est très large, je vais te citer Nougaro parce que j'adorais mais je peux t’en citer Brassens parce que j'ai bien connu, je peux te citer Brel je peux t’en citer 15.

Gérard Bertrand : Et dans les chanteurs étrangers ?

Pierre Richard : Et dans les chanteurs étrangers alors là, on a aussi pas mal, ah mon dieu c'était Frank Sinatra, mon dieu c'était Frank Sinatra et Dean Martin je parle d'une certaine époque

Gérard Bertrand : Tu la rencontre et à Frank Sinatra ?

Pierre Richard : Non, jamais

Gérard Bertrand : Tu l’as vue sur scène ?

Pierre Richard : Non plus

Gérard Bertrand : Tu aurais pu !

Pierre Richard : Et maintenant, j'adore Matthieu Chedid, par exemple. Matthieu Chedid, je l’ai vu en plus tout seul au cirque d'hiver, je me suis dit il va tout seul avec une guitare et pas du tout, il avait des pédales partout.

Gérard Bertrand : Moi j’adore, tu sais qui ? James Brown, il a une voix ce quand il est sur scène c'est un animal, la voix, la physique, il est décédé maintenant et alors ce qui m'impressionne le plus et je le dis c'est quand il a chanté avec Pavarotti, il été ému aux larmes tellement parce qu'il se préparé pour chanter avec Pavarotti. Et donc, quand ils chantent ensemble c'est un moment, quand tu mélanges comme ça de la soul avec de l'opéra, il faut que tu regardes ça c'est extraordinaire !

Pierre Richard : Je vais regarder ça !

Gérard Bertrand : Parce qu'on est quand même dans un Food Wine & Music et donc on a invité qui à la frontière un peu de tous ces univers par contre tu ne nous as pas dit encore quelle plate tu aimes cuisiner.

Pierre Richard : Je suis très mauvais, alors que dieu sait que j'aime bien la cuisine mais je suis très mauvais, j'ai ne pas la main de cuisiner.

Gérard Bertrand : Mais tu aimes cuisiner ou pas ?

Pierre Richard : Je ne crois pas non.

Gérard Bertrand : Qui sont tes chefs à Paris ?

Pierre Richard : L’Arpege, chez Passart, le roi des légumes. Et comme justement maintenant je suis plus légumes que de viande. Il y a aussi le poisson, j’adore aussi, chez …

Gérard Bertrand : C’est Savoie ?

Pierre Richard : Voilà ! Guy Savoie

Gérard Bertrand : Mon copain

Pierre Richard : En plus il est un mec adorable.

Gérard Bertrand : Tout à fait, salue-lui parce que je sais que tu ouvres aujourd’hui ton restaurant, et on salue aussi à tous les chefs en France, parce que on est avec vous et le chef Chabert est là, moi je l'y ai amené la vidéo pendant deux mois parce qu'en fait je lui ai demandé de créer un plat pour chaque jour pour ce soir, donc il me régale mais surtout parce qu'on faisait des live et on a pris goût et ça, pas vrai Chef ?

Chef Laurent Chabert : Tout à fait !

Gérard Bertrand : Et donc, c’est bien que Les Chefs réouvrent et on a besoin de vous parce que c'est la spécificité française et nous en tant que vigneron Pierre, on a besoin de ces chefs sublimes qui ils subliment nos produits, voilà donc ça c'est très important.

Pierre Richard : Parce qu’il y a une complémentarité entre un plat et un vin, si tu bois un bon vin avec un plat médiocre, ton bon vin il n’apprécieras pas.

Gérard Bertrand : Exactement, et je crois que le chef Goujont ouvre bientôt aussi il s'ouvre ce soir alors chef Goujon, si tu nous vois, si tu nous entends, bonne reprise et on te voit bientôt. Pierre, on va goûter le Mourvèdre, parle-moi de ce vin un peu parce qu'en fait je ne la connais pas cette cuvée.

Pierre Richard :  Parce que moi, mon truc c'était la syrah alors un jour j'avais demandé à Dubernet fais-moi, pour moi de la Syrah. Et l'année suivante il me dit ça y est je t'ai fait mille bouteilles, j'ai dit je ne vais pas boire mille bouteilles.

Gérard Bertrand : Ça c'est bon !  

Pierre Richard : j’ai commencé avec la Syrah parce que un jour, j’ai été dans un restaurant à Pezenas, et j’ai gouté le Mourvèdre et je suis revenu a Dubernet et je l’ai dit, fais-moi de Mourvèdre.

Gérard Bertrand : C’est toi que fait de Mourvèdre, Dubernet il t’aide à le mettre en Musique, parce que lui connait la partition, mais c'est toi qui joues du piano.

Pierre Richard : Mais oui, parce que c’est moi j’a envie de faire de Mourvèdre.

Gérard Bertrand : Alors ce que je dis c'est que la chance qu'il a Pierre, ce qu'il ne savait pas en achetant la propriété c'est que le meilleur endroit pour les Mourvèdres c'est quand ils sont au bord de l'eau points parce qu'ils ont les entrées maritimes et c’est un cépage très très sensible aux entrées maritimes parce que la brume qui arrive la nuit surtout quand il fait un peu de vent marin ç'a permis aux feuilles de pomper cette humidité et de nourrir la plante alors que c'est pas le cas tout à fait avec la Syrah ou le Grenache, alors le Mourvèdre c'est le cépage qu'il faut avoir au bord de l'eau, c'est pour ça d'ailleurs que nos amis de Bandol ont beaucoup de vin avec le Mourvèdre.

Pierre Richard : Tu aimes bien ?

Gérard Bertrand : C'est mon coup de cœur les amis parce qu'en fait je connaissais déjà les deux premiers et celui-là je vous le conseille parce que je pense qu'avec une volaille qu'on va avoir le plaisir de goûter là c'est un accord mets et vins merveilleux mais on va l'essayer quand même.

Pierre Richard : Il est très fin.

Gérard Bertrand : Moi ce que j'aime dans ce vin Pierre et qu'on trouve dans les vignobles en bord de mer ou à bord de l'état c'est le côté iodé, donc dans ce pays un côté iodé et ça c'est très bien parce que ça se marie très bien avec les plats qui sont des plats méditerranéens et on met sur des plats comme le poulet de la flore de sel de Gruissan. La flore de sel de Gruissan c'est à 300 mètres de chez Pierre et donc un petit clin d'œil à nos amis des salines nous vous saluons.

Pierre Richard : Jolie bar !

Gérard Bertrand : Jolie bar oui, et aussi un restaurant où j’aime bien me balader, et vous avez de l'eau qui changent du bleu au rose en fonction de la pluie, voilà !

Pierre Richard : Tu ne veux pas devenir mon représentant parce que tu en parle très bien.

Gérard Bertrand :  J’ai déjà essayé de reprendre ce métier parce qu'en fait j'ai fait l’intermede

Pierre Richard : Ou lieu de t’en occuper d’ici, je te donne l'Europe.

Gérard Bertrand :   C’est vrai ? Bon ça va, si tu me donnes que l’Europe je pourrai aller aux Etats-Unis pour me promener. Qu’est ce que tu nous prépares Chef ? Parce que Pierre m’as dit s’il y a de la truffe, je reste ici.

Chef Laurent Chabert : on a la volaille de mon ami Serge Verzini , la truffe blanche, les giroles DPO, le siphon champignon, et je rajoute le jeu de carcasse que on a fait légèrement réduire.

Gérard Bertrand :  Tu sais qu'ici il ne faut pas faire un malaise sinon tu finis dans le jus de carcasses.

Chef Laurent Chabert : Voilà, c’est ça ! Et aussi, bien sûr, la fleur de sel de Gruissan.

Gérard Bertrand :  On va goûter le jeu de carcasses, pas de Carcassonne, mets-toi en place Pierre !  Alors déjà c'est un paysage n'est-ce pas ?

Pierre Richard : Ah oui vraiment, parce que c'est intéressant aussi quand c'est joli à voir.

Moment de dégustation…

Gérard Bertrand :  Moi j’aime le poulet parce qu’il n’est pas sec de tout, il est fermier, il est ferme.

Pierre Richard : Le girole c'est l'un de mes champignons préférés.

Gérard Bertrand :  Tu reviendras ?

Pierre Richard : Demain !

Gérard Bertrand :  Chers amis je ne sais pas si vous passez un bon moment, mais nous je peux vous dire on se régale.

Pierre Richard : Vraiment !

Gérard Bertrand :  L’unique chose que lui manque à Pierre, il n'a pas joué au rugby mais par contre moi je peux vous dire que je l’ai vu souvent dans les tribunes à Narbonne parce que l'époque de Pech de Laclause, tu venais au mache et je me souviens bien parce que moi je joue encore en Narbonne et je t’ai vu des nombreuses fois à au stade.

Pierre Richard : Tu sais j'étais à une époque très très amis et d’ailleurs, on ne se disait pas quand est-ce que on se voit, on disait, à demain.

Gérard Bertrand :  Jean Pierre on te salue

Pierre Richard : C'est pareil il m’a pris un peu, et c'est vrai que j'adore rugby mais du coup je suis dans un pays de rugby.

Gérard Bertrand : Je rappelle à toutes et à tous que du 21 au 26 juillet si vous voulez voir Pierre Richard, non pas sur scène mais parmi nous nous avons le festival de jazz qui sera là je vous rappelle, 21 22 juillet Patrick Bruel, 23 notre amie Cali, 24 Kimberose, 25 Christophe Maé et le 26 Jean-Baptiste Guegan. Il reste encore quelques places pas beaucoup

Pierre Richard : 4 ?

Gérard Bertrand :  4 et demi, dépêchez-vous et on sera très content de vous accueillir parce qu’en toute sécurité vous pourrez à la fois dîner pour ceux qui le souhaitent pour les autres assister au concert et après notre ami Dominique Rieux a fait une cave à jazz remarquable donc ça démarre à 19 heures précises et ça se finit quand vous êtes fatigué, donc voilà, c'est malheureusement le temps de nous quitter mais Pierre a dit qu'il revenait demain, donc peut-être qu'on vous fera passer une information d'ici là, en tous les cas Pierre je te remercie

Pierre Richard : C’est moi qui te remercie.

Gérard Bertrand :  On ne se fait pas la bise mais le cœur il y est, je vous rappelle donc www.vinspierrerichard.com ou Château Bel Evêque, et dans tous les beaux établissements de la région, il fait vraiment des vins formidables.  A bientôt et passer un bon week-end !

Chef Laurent Chabert : Bye Bye !


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